Par Dr Bounhir BOUMEHDI
Médecin Radiologue
Une fiction qui s’inspire de faits réels
Dans un calme feutré, le centre de radiologie semblait baigner dans une sérénité presque solennelle.
Les machines ronronnaient doucement, tandis que l’équipe préparait soigneusement le patient de 58 ans pour une IRM de routine.
L’homme, bien que légèrement anxieux, s’était laissé glisser sur la table froide de l’appareil avec la résignation de quelqu’un habitué aux examens médicaux.
Le médecin radiologue, figure stoïque et rassurante, échangeait quelques mots avec le technicien de radiologie.
Tous les gestes étaient précis, minutieux, comme une chorégraphie répétée mille fois.
Lorsque l’appareil émit son premier grondement, le patient ferma les yeux, prêt à coopérer.
Mais soudain, une ombre passa sur son visage.
Il se figea, puis son expression se déforma sous le coup d'une douleur brutale, aiguë, partant de la poitrine gauche et irradiant vers son épaule.
Une souffrance fulgurante.
Le cœur du patient, habituellement discret, battait désormais à tout rompre, comme s’il hurlait à l’agonie.
Le regard du radiologue se fit plus perçant, plus attentif.
Il ne fallut que quelques mots du patient pour éveiller un terrible soupçon : un infarctus de myocarde.
Le radiologue, sentant l’urgence se profiler comme une ombre menaçante, appuya sur un bouton.
En un instant, le patient fut extirpé du tube métallique.
Mais le drame ne s’arrêta pas là.
Le patient, le visage devenu livide, se tordit soudain de douleur et porta instinctivement ses mains à son thorax, comme s’il tentait de contenir une explosion intérieure.
Il haleta, ses lèvres bleuissant dangereusement.
Puis, sans un bruit, il perdit connaissance, son corps s’effondrant lourdement sur la table d’examen.
Le médecin radiologue, un homme de sang-froid, ne perdit pas une seconde.
Il s’élança vers le patient et, avec une efficacité presque chirurgicale, entreprit les gestes vitaux d’urgence.
La pièce, qui quelques minutes plus tôt n’était qu’une simple salle d’examen, se transforma en théâtre de la survie.
Le temps semblait ralentir alors qu’il plaçait le patient en position latérale de sécurité, écoutant d’une oreille attentive les faibles battements de son cœur.
Le radiologue, cependant, ne se contenta pas d’attendre.
Il savait qu’il devait agir vite.
Un infarctus ne pardonne pas.
Il se dirigea vers la salle voisine et, dans un geste presque intuitif, fit passer le patient en urgence sous le scanner.
Il espérait déceler un indice, une anomalie, une piste vers l’origine de cette attaque brutale.
L’écran du scanner s’illumina d’un éclat froid, révélant une image sinistre : une sténose sévère, un rétrécissement fatal des artères coronaires.
Tout se jouait à la seconde près.
Le radiologue saisit le téléphone et appela un cardiologue interventionniste.
Une course contre la montre venait de commencer.
Le patient, entre la vie et la mort, dépendait désormais de la rapidité et de la précision des mains expertes qui allaient se battre pour lui.

