Interview avec Dr BOUMEHDI Bounhir, médecin radiologue

Les travaux de recherche et d’innovations technologiques ont donné la possibilité à la radiologie de gagner en efficacité de façon vertigineuse. Des avancées, dont certains sont maitrisés par les radiologues marocains, telle l’élastographie, est un exemple de ses prouesses techniques, indique Dr Bounhir BOUMEHDI. Par ailleurs, ce médecin radiologue dans le secteur libéral appelle à développer, dans le cadre du partenariat public-privé (PPP), comme c’est le cas du Pet-Scan, des collaborations entre le secteur public et le secteur privé afin de réduire les retards de diagnostic et offrir plus d’efficience dans la prise en charge thérapeutique des malades.
www.sante21.ma : Quels sont les principaux challenges à relever en radiologie dans le présent et dans un future proche ?
Dr Bounhir BOUMEHDI : On peut en citer quatre principaux défis. En premier, introduire au quotidien les nouvelles technologies au bénéfice du patient. Et plusieurs centres de radiologie dans le secteur libéral au Maroc, se font un devoir, de répondre à cette exigence. Deuxièmement, conserver la qualité des prestations malgré l’augmentation du nombre d’examens disponibles. En troisième position, réfléchir à des mécanismes pour que les différents spécialistes (médecine, chirurgie, radiologie et biologie) puissent travailler en réseaux de soins, ce qui offre une pluridisciplinarité dans la décision thérapeutique, ce qui constitue un grand avantage pour les malades. Enfin, développer des collaborations entre le secteur public et le privé afin de réduire les retards de diagnostic et offrir plus d’efficience dans la prise en charge thérapeutique des malades.
www.sante21.ma: Quelles sont les innovations technologiques déjà disponibles au Maroc ?
Dr Bounhir BOUMEHDI : Dans le domaine de l’échographie par exemple, l’élastographie est une nouvelle technique qui permet de mesurer la dureté tissulaire. Elle peut être utilisée pour quantifier le degré de fibrose du foie et éviter ainsi des prélèvements percutanés avec une aiguille. Cet examen est très simple à réaliser alors que la biopsie, en plus de son coût, comporte certains risques et des inconvénients, notamment une hospitalisation. Par ailleurs, l’élastographie permet aussi de caractériser avec plus de certitude les lésions que l’on voit avec l’échographie dans le sein et la thyroïde et semble d’un apport intéressant pour la détection du cancer de la prostate.
www.sante21.ma: Y a-t-il de nouvelles techniques qui sont applicables à la détection des cancers ?
www.sante21.ma: Y a-t-il de nouvelles techniques qui sont applicables à la détection des cancers ?
Dr Bounhir BOUMEHDI : Concernant le dépistage du cancer du sein, des nouveautés sont apparues telles que les appareils de mammographie à tomosynthèse ou à microdose. L’acquisition de cette technique est très coûteuse sur le plan financier. C’est un très lourd investissement. Elle permet de découvrir davantage de cancers du sein à un stade plus précoce. Pour le dépistage des polypes du côlon et des nodules pulmonaires par CT-scanner, l’analyse automatique des images par des logiciels informatiques sophistiqués permet aux radiologues d’être plus performants dans la détection des petites lésions et dans la quantification de leur volume.
www.sante21.ma: A votre avis quels chemins vont prendre les techniques d’imagerie médicale dont nous disposons aujourd’hui ?
Dr Bounhir BOUMEHDI : Sans aucun doute, les techniques non irradiantes comme l’échographie et l’IRM vont encore se perfectionner de plus en plus. Il y aura certainement moins d’examens par scanner et par radiographies. Cependant, la mammographie conservera sa place pour les problèmes de sein, tout en bénéficiant des évolutions technologiques.
www.sante21.ma: Aujourd’hui, le médecin radiologue est confronté à la disponibilité d’une multiplication du nombre d’examens, est ce que cela ne se répercute pas négativement sur la qualité de l’interprétation?
www.sante21.ma: Aujourd’hui, le médecin radiologue est confronté à la disponibilité d’une multiplication du nombre d’examens, est ce que cela ne se répercute pas négativement sur la qualité de l’interprétation?
Dr Bounhir BOUMEHDI : Effectivement, les nouvelles technologies en imagerie ont conduit à la multiplication du nombre d’images. En quelques années, on est passé d’une centaine à quelques milliers pour le scanner par exemple, cet qui offre une plus grande finesse des détails à analyser. Le radiologue doit donc s’adapter pour être plus efficace. Il doit réorganiser son environnement de travail, en faisant relire et interpréter les examines par au moins un deuxième avis expert. En plus de cela l’outil informatique et les images en 3D permettent au radiologue de mieux s’organiser pour mieux profiter des avantages de la technologie.
Entretien réalisé par Dr Anwar CHERKAOUI

