Dr BOUMEHDI Bounhir, médecin-radiologue
Une scène classique sur les terrains de football : un duel aérien, une tête mal ajustée, et c’est la collision.
Mais lorsque le crâne d’un joueur percute violemment la pommette de son adversaire, les conséquences peuvent dépasser la simple douleur passagère.
Sur le plan médical, ce type de choc entre deux structures osseuses — la tête et le massif facial — est potentiellement grave.
Le joueur touché à la pommette (os malaire ou zygomatique) risque une fracture complexe, avec des répercussions fonctionnelles et esthétiques.
Une déformation du visage, une vision double (diplopie), un enfoncement de la joue ou une limitation de l’ouverture buccale doivent immédiatement alerter.
Le joueur ayant engagé sa tête n’est pas non plus à l’abri : commotion cérébrale, fracture du crâne ou hématome intracrânien peuvent survenir, même en l’absence de perte de connaissance.
Les examens radiologiques sont indispensables pour évaluer l’étendue des lésions.
Un scanner facial en coupes fines permet de cartographier avec précision les fractures de la pommette et des structures adjacentes (orbite, sinus maxillaire).
Pour le joueur percutant, un scanner cérébral sans injection est recommandé afin de détecter toute lésion intracrânienne.
L’IRM peut compléter l’exploration en cas de troubles neurologiques persistants.
Ce genre d’accident rappelle que le football, sport d’apparence "soft", peut entraîner des traumatismes sévères.
La médecine du sport et la radiologie doivent intervenir en urgence pour évaluer, rassurer… ou décider définitivement du retour ou non sur le terrain du ou des joueurs blessés.

