Par Dr BOUMEHDI Bounhir, Médecin-Radiologue
Longtemps reléguée au second plan, la douleur chronique, notamment celle du genou, est aujourd’hui au cœur de la médecine moderne.
À la croisée de l'innovation et de la rigueur scientifique, une révolution silencieuse est en marche : la médecine interventionnelle, portée par les formidables avancées de l’imagerie médicale.
C’est autour de cette dynamique que s’articulera le 10ᵉ Congrès sur la Douleur Interventionnelle, organisé les 16 et 17 mai 2025 à la Faculté de Médecine et de Pharmacie d’Oujda, sous l’égide de la Moroccan Academy of Pain and Palliative Care (MAPPAC), présidée par le Pr Amine El Oumri.
L’imagerie médicale : le pilier discret mais décisif
Sans l’imagerie, pas de médecine interventionnelle moderne.
Radiologie conventionnelle, échographie de haute précision, scanners et IRM guident aujourd'hui la main du praticien avec une sûreté inégalée.
C’est grâce à ces outils que les gestes deviennent plus ciblés, plus sûrs et infiniment moins invasifs que la chirurgie classique.
L’imagerie ne se contente plus d’éclairer le diagnostic : elle pilote désormais l’acte thérapeutique lui-même.
La douleur interventionnelle : précision et efficacité
La douleur interventionnelle s'adresse à ces souffrances rebelles, ces douleurs chroniques insupportables que les traitements médicamenteux classiques ne parviennent plus à calmer.
À l’aide de techniques mini-invasives, sous contrôle direct de l’image, les spécialistes neutralisent, modulent ou réparent les circuits de la douleur.
Parmi ces techniques innovantes présentées au Congrès d’Oujda 2025
La radiofréquence , qui brûle à sa source les nerfs douloureux grâce à une chaleur contrôlée, particulièrement efficace dans l’arthrose du genou et les douleurs post-opératoires.
Le PRP (Plasma Riche en Plaquettes), véritable concentré de facteurs de réparation extraits du propre sang du patient, injecté avec précision sous guidage échographique dans les tendons ou articulations abîmées.
L'ozonothérapie , où l'ozone médical, injecté localement, agit comme anti-inflammatoire naturel, soulageant les lombalgies, cervicalgies et arthroses.
L’échographie interventionnelle , qui transforme l'échographe en une "vision intérieure", permettant au médecin d'atteindre exactement la cible sans endommager les structures avoisinantes.
La toxine botulique , plus connue sous le nom de Botox, utilisée pour relâcher les muscles spastiques et soulager la douleur neurologique.
La fasciathérapie , approche douce et manuelle qui libère les tensions profondes des fascias, en complément des techniques interventionnelles.
Car aujourd'hui, grâce à l’imagerie médicale, traiter la douleur n’est plus une affaire d’approximations : c’est un geste précis, planifié et souvent salvateur.

