Dr Bounhir BOUMEHDI / Médecin Radiologue
Qu'elle serve à diagnostiquer les traumatismes musculosquelettiques, à suivre les athlètes au quotidien ou à mieux connaître les effets de l'activité physique sur l'organisme ou le cerveau, l’imagerie médicale est de plus en plus présente dans le monde du sport.
Particulièrement le sport de haut niveau, notamment aux jeux olympiques de Paris Juillet 2024.
Des études scientifiques très bien documentées le confirment de jour en jour.
Au congrès Européen de radiologie (2023), un radiologue de renommée internationale, Dr Ali Guermazi a présenté un retour d’expérience du service d’imagerie des Jeux olympiques d’été de Rio de Janeiro, en 2016. Axée sur le musculosquelettique et l’IRM.
Cet expert en imagerie musculosquelettique du sport à la faculté de médecine de Boston (États-Unis), a participé au suivi des athlètes des jeux olympiques de Rio (Brésil). Il en a rapporté de nombreuses données qu’il a présentées lors du Congrès européen de radiologie (ECR) de 2023.
1 101 blessures ont été recensées pendant les Jeux Olympiques de 2016 à Rio de Janeiro au Brésil.
Il faut rappeler que pour les athlètes, la probabilité d'une blessure est importante pendant ces jours de compétition intense, avec le risque de ne plus pouvoir continuer les Jeux.
Il est donc nécessaire de bien identifier le type de blessures et la manière de les soigner.
Cette étude s’est intéressés au nombre de blessures pendant ces Jeux d’été ainsi qu’à l'utilisation de l’imagerie médicale afin de comprendre comment mieux prendre en charge ces sportifs de haut niveau.
Le risque de la blessure
Les sportifs s’entraînent pendant des années pour pouvoir participer aux Jeux Olympiques. Ils sont au top de leur forme physique, de leur entraînement et de leurs capacités. "Ces athlètes d’élite ont un risque de blessure, et les équipes médicales sur place vont tout faire pour qu’un retour rapide à la compétition soit possible ou pour mettre en place les mesures d’urgence les plus appropriées en cas de blessure grave, souligne Ali Guermazi, l’auteur principal de la recherche. L’imagerie médicale est nécessaire pour déterminer si un athlète blessé peut ou non reprendre la compétition."
Une grande part d’IRM
Les équipes scientifiques du Dr Guermazi ont étudié l’utilisation de l’imagerie médicale pendant les Jeux d’été en 2016. 1 015 examens d’imagerie médicale ont été réalisés: 30% de rayons X, 10,2% d’examens par ultrasons et 59,8% d’IRM.
Ce sont les gymnastes qui ont eu le plus recours à l’imagerie médicale (15,5% d'entre eux), suivi par le taekwondo (14,2%) et le beach-volley (13,5%).
"Ces chiffres vont permettre d’améliorer l’organisation des services d’imagerie médicale pour les événements futurs et vont permettre d’analyser pourquoi certains sports sont plus susceptibles de provoquer des blessures et comment les prévenir", explique le chercheur.
Les pics d’utilisation des services d’imagerie sont intervenus le cinquième et le douzième jour de compétition. Ces données vont permettre d’optimiser les emplois du temps de ces services pour en garantir la disponibilité aux moments les plus critiques.
Pour conclure, Paris accueille à partir de juillet 2024, les 17ème jeux olympiques, ce qui représente la 15 participation du Maroc à ce forum universel du sport de haut niveau.
Le Maroc compte plus de 40 athlètes qualifiés. Cette liste est appelée à s’élargir puisque plusieurs autres disciplines devront disputer d’ici juin 2024 leurs prochaines qualifications.
Par sport, l’athlétisme est la discipline la mieux représentée avec 10 athlètes. Le football fera son retour aux JO après l’édition de Londres 2012. Le breakdance, qui fera son apparition pour la première fois aux Jeux, a donné au Maroc deux qualifiés.
La médecine du sport et l’imagerie médicale marocaines sont-elles à la hauteur des enjeux des jeux olympiques de Paris 2024?

